Coffrer une colonne de plomberie avec du placo : guide complet en 1 journée

Coffrer une colonne de plomberie avec du placo : guide complet en 1 journée

Pourquoi coffrer une colonne de plomberie ?

Une colonne de plomberie apparente crée une rupture visuelle dans une pièce. Elle peut aussi transmettre des bruits de circulation d’eau, particulièrement gênants dans une chambre ou un séjour. Réaliser un coffrage en plaque de plâtre (communément appelé placo) permet de masquer ces éléments disgracieux tout en améliorant l’isolation phonique. Le résultat obtenu, une fois peint ou carrelé, est indiscernable d’une cloison ordinaire. Ce type de travail est accessible à un bricoleur débutant ou intermédiaire à condition de suivre les étapes dans l’ordre et de respecter quelques règles de base.

Les outils et matériaux nécessaires

Avant de commencer, rassemblez tout le matériel sur place. Interrompre le chantier pour aller chercher un outil allonge inutilement la durée des travaux.

Les outils

  • Mètre ruban et crayon de charpentier
  • Niveau à bulle (60 cm minimum)
  • Equerre de maçon
  • Perceuse-visseuse avec embout Pozidrive
  • Perceuse avec foret à béton (pour fixer les rails au sol et au plafond)
  • Pince à sertir (ou « bitoniau ») pour assembler les montants métalliques
  • Cisailles à métaux ou pince coupante pour couper les profilés
  • Cutter à lame longue pour couper les plaques de plâtre
  • Couteau à enduire et spalter pour la finition

Les matériaux

  • Rails R48 ou R70 (profilés en U fixés au sol et au plafond)
  • Montants M48 ou M70 (profilés en C glissés dans les rails)
  • Plaques de plâtre standard BA13 (13 mm d’épaisseur) ou plaques hydrofuges BA13H si la pièce est humide
  • Vis autoperceuses TF (tête fraisée) 25 mm pour fixer le placo sur les montants
  • Chevilles à frapper et vis de 35 mm pour les rails
  • Bande à joints et enduit de finition
  • Mousse acoustique ou laine de verre 45 mm à glisser à l’intérieur du coffrage (optionnel mais recommandé)
  • Trappe d’accès à encastrer (format standard 20 x 30 cm ou 30 x 30 cm selon le besoin)

Concevoir le coffrage : les règles de base

Avant de poser le moindre rail, prenez le temps de tracer le coffrage au sol avec un crayon. Le coffrage doit entourer la colonne en laissant un espace libre d’au moins 5 cm autour des tuyaux. Cet espace est indispensable pour absorber les légères dilatations thermiques des tubes, notamment si la colonne transporte de l’eau chaude. Un coffrage trop serré risque de créer des craquements désagréables avec le temps.

Tracez ensuite la position des rails sur le sol, puis reportez ce tracé au plafond à l’aide d’un niveau à bulle ou d’un fil à plomb. La verticalité du coffrage dépend entièrement de cette étape. Prenez le temps de la soigner : une erreur de quelques millimètres au sol se traduit par un coffrage visible en aplomb, difficile à corriger une fois les plaques posées.

Poser l’ossature métallique

Commencez par fixer les rails (profilés en U) au sol et au plafond, en suivant les tracés réalisés. Percez les rails tous les 60 cm environ, puis chevilles et vissez-les. Sur un plancher en bois, des vis adaptées suffisent sans cheville.

Glissez ensuite les montants verticaux (profilés en C) dans les rails, en commençant par les angles. Placez un montant tous les 60 cm sur les faces planes du coffrage pour garantir la rigidité de la structure. Si la colonne est courte (moins de 1,5 m de hauteur), un montant intermédiaire tous les 60 cm reste suffisant. Pour une hauteur sous plafond standard de 2,5 m, prévoyez au moins deux montants intermédiaires par face.

Fixez les montants aux rails avec la pince à sertir en réalisant deux sertissages par extrémité. Cette opération solidarise l’ossature sans avoir besoin de vis supplémentaires. Vérifiez régulièrement l’aplomb de chaque montant avec le niveau à bulle avant de passer au suivant.

Ménager une trappe d’accès

La trappe d’accès est l’élément le plus important à planifier dès la phase d’ossature. Elle permet d’intervenir sur les robinets d’arrêt, les siphons ou tout autre équipement accessible sur la colonne, sans devoir casser le coffrage. Omettre cette trappe est l’erreur la plus fréquente des débutants.

Positionnez la trappe face aux robinets d’arrêt ou aux jonctions les plus susceptibles de nécessiter une intervention. Sur le marché, on trouve des trappes à encastrer avec cadre aluminium et porte magnétique, qui se fondent parfaitement dans le placo une fois peintes. Réservez l’emplacement dans l’ossature en ajoutant deux montants horizontaux (appelés fourrures ou lisses d’about) pour cadrer l’ouverture. La trappe s’encastre ensuite dans cette réservation après la pose du placo.

Poser les plaques de plâtre

Coupez les plaques à la dimension voulue en traçant une ligne avec le cutter, puis en cassant la plaque sur le bord d’une table ou d’un montant. Passez ensuite le cutter dans le creux pour séparer le carton du verso. La coupe est nette et ne nécessite aucun outil électrique supplémentaire.

Vissez les plaques sur les montants métalliques avec les vis autoperceuses TF 25 mm. Placez une vis tous les 30 cm en bord de plaque et tous les 30 cm sur les montants intermédiaires. Les têtes de vis doivent s’enfoncer légèrement sous la surface du placo sans déchirer le carton. Si la tête traverse le carton, la vis n’a plus de prise mécanique suffisante : repositionnez-en une nouvelle à 5 cm de l’ancienne.

Si vous avez prévu une isolation phonique, glissez la laine de verre ou la mousse acoustique dans le coffrage avant de fermer la dernière face. Cette couche absorbe les bruits de chasse d’eau et de circulation d’eau chaude, souvent perçus comme une nuisance dans les appartements.

Finition : joints et enduit

Une fois toutes les plaques posées, appliquez la bande à joints sur les raccords entre les plaques et dans les angles rentrants. Enduisez ensuite avec l’enduit de finition en deux passes minimum : une passe de remplissage et une passe de finition lissée. Laissez sécher au moins 12 heures entre chaque passe. Poncez légèrement entre les deux passes avec un papier de verre grain 120 pour obtenir une surface parfaitement plane.

Le coffrage est ensuite prêt à recevoir une peinture, un papier peint ou un carrelage selon la pièce concernée.

Les erreurs à éviter

  • Oublier la trappe d’accès : c’est la principale source de regret après coup. Toute intervention sur la plomberie nécessitera alors de casser le coffrage.
  • Serrer le coffrage trop près des tuyaux : sans espace de dilatation, des craquements apparaissent rapidement, en particulier sur les colonnes d’eau chaude.
  • Négliger la verticalité dès le traçage : un rail mal posé rend l’ensemble du coffrage vrillé, et la correction en cours de route est quasi impossible.
  • Enfoncer les vis trop profondément : une vis qui traverse le carton du placo perd sa capacité de maintien. Réglez le couple de serrage de la visseuse avant de commencer.
  • Appliquer une seule couche d’enduit : une finition bâclée se verra à la lumière rasante, même sous la peinture. Deux passes minimum sont nécessaires.
  • Omettre le carton de protection des arêtes : les angles sortants du coffrage sont fragiles. Utilisez des cornières d’angle métalliques ou en PVC pour protéger les bords et garantir un angle rectiligne.

Ce qu’il faut retenir

  • Laissez au moins 5 cm d’espace autour des tuyaux pour permettre la dilatation thermique.
  • Tracez le coffrage au sol avant de poser le moindre rail, puis reportez le tracé au plafond au niveau à bulle.
  • Placez un montant vertical tous les 60 cm pour garantir la rigidité de la structure.
  • La trappe d’accès est indispensable : positionnez-la face aux robinets d’arrêt et aux jonctions clés.
  • Utilisez des plaques BA13H hydrofuges en salle de bains ou dans tout local humide.
  • Prévoyez deux passes d’enduit minimum pour une finition impeccable, avec un ponçage intermédiaire.
  • Les cornières d’angle protègent les arêtes du coffrage et garantissent un aplomb parfait sur les bords.

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