Pourquoi choisir des volets intérieurs en bois sur mesure ?
Les volets intérieurs connaissent un regain d’intérêt certain, notamment à l’approche de l’automne. Contrairement aux volets roulants ou aux stores, ils offrent une isolation thermique et acoustique réelle, à condition d’être bien ajustés. En bois, ils apportent aussi un cachet chaleureux aux pièces, que la fenêtre soit ancienne ou contemporaine.
L’option sur mesure s’impose dès que l’embrasure présente des dimensions atypiques, ce qui est fréquent dans les logements anciens. La fabrication maison permet en outre de choisir librement l’essence de bois, la finition et le style : à panneaux pour un rendu traditionnel, à lames orientables pour un effet plus moderne.
Sur le plan thermique, un volet intérieur bien jointif peut réduire sensiblement les déperditions de chaleur par la fenêtre en hiver. Sur le plan acoustique, la masse du bois et l’absence de fente entre le volet fermé et l’embrasure limitent la propagation des bruits extérieurs.
Choisir le bon bois
Le choix de l’essence conditionne à la fois la durabilité, le poids et la facilité d’usinage. Pour des volets intérieurs, on privilégie des bois stables qui ne travaillent pas trop avec les variations d’humidité.
- Le pin sylvestre : économique et facile à travailler, il convient aux débutants. Il faudra toutefois le traiter soigneusement avant peinture pour éviter que les noeuds ne transpercent le laqué.
- Le chêne : plus lourd et plus cher, il est très stable et durable. Idéal pour les grandes fenêtres où le poids des vantaux doit rester homogène.
- Le peuplier ou le bouleau : légers et bien adaptés aux petits formats, ils acceptent bien la peinture laquée.
- Le médium (MDF) : techniquement ce n’est pas du bois massif, mais il est souvent utilisé pour les panneaux de remplissage. Il prend parfaitement la laque, mais doit rester à l’abri de l’humidité.
Quel que soit le bois retenu, achetez-le quelques jours avant de commencer et laissez-le s’acclimater dans la pièce où il sera posé. Ce temps d’adaptation, appelé mise en équilibre hygroscopique, limite les déformations ultérieures.
Prendre les mesures avec précision
La réussite du projet repose largement sur la qualité du relevé de cotes. Mesurez la largeur et la hauteur de l’embrasure en trois points différents : en haut, au milieu et en bas pour la largeur, à gauche, au centre et à droite pour la hauteur. Retenez la valeur la plus petite, puis soustrayez deux millimètres de chaque côté pour laisser un jeu de fonctionnement.
Si vous installez deux vantaux, divisez la largeur nette par deux. Notez toutes les mesures sur un croquis coté avant de passer à la découpe.
Fabriquer le cadre et les panneaux
La structure du cadre
Un volet à panneaux se compose d’un cadre en bois massif, appelé bâti, dans lequel viennent s’encastrer un ou plusieurs panneaux. Le bâti est formé de deux montants verticaux (les pièces de rive) et de traverses horizontales. La largeur courante des montants se situe entre 5 et 7 cm pour un volet de taille standard.
Commencez par débiter les montants et les traverses à la scie circulaire ou à la scie à onglets. Pour assembler les angles, la technique la plus solide à l’atelier amateur est l’assemblage à mi-bois : une entaille de moitié d’épaisseur est réalisée à chaque extrémité des traverses et aux emplacements correspondants sur les montants. Cette jonction est ensuite collée avec de la colle à bois et maintenue par des serre-joints le temps du séchage.
Le collage : étape clé
Le collage des cadres est souvent sous-estimé. Utilisez une colle à bois vinylique de type D3 (résistante à l’humidité), étalée en couche uniforme sur les deux faces de l’assemblage. Serrez avec des serre-joints sans excès : la colle doit juste déborder légèrement sur les bords. Laissez sécher au minimum deux heures avant de retirer les serre-joints, et vingt-quatre heures avant tout usinage supplémentaire.
Vérifiez la planéité du cadre en posant une règle dessus pendant le séchage. Si un angle se soulève, ajoutez un serre-joint en diagonale pour corriger.
Volets à lames orientables
Pour un modèle à lames, la fabrication est différente : chaque lame est percée à ses deux extrémités, puis enfilée sur une tringle centrale ou articulée sur les montants via de petites chevilles. L’espacement entre les lames doit être régulier. Ce type de volet est plus complexe à réaliser, mais il permet de doser la lumière et la ventilation avec précision. Il est particulièrement apprécié dans les entrées et les salons.
Ponçage et préparation avant finition
Une fois le cadre sec et les panneaux encastrés, poncez l’ensemble au papier abrasif grain 120, puis grain 180. Passez une couche de bouche-pores sur le bois brut, laissez sécher, poncez légèrement au grain 220. Cette étape est indispensable pour obtenir un laqué lisse et uniforme.
Pour les noeuds apparents sur le pin, appliquez une couche de gomme-laque ou de vernis isolant avant la sous-couche. Sans cela, les résines du bois traversent la peinture au fil du temps et créent des auréoles jaunes.
La peinture laquée : technique et résultat
La laque alkyde (glycéro) ou la laque acrylique en phase aqueuse donnent toutes les deux de bons résultats sur bois intérieur. La laque acrylique a l’avantage de sécher plus vite et de moins jaunir dans le temps. Elle se dilue à l’eau, ce qui facilite le nettoyage des outils.
Appliquez une sous-couche d’accrochage adaptée au type de laque choisi. Poncez légèrement entre chaque couche avec du grain 320. Deux couches de finition suffisent généralement pour un résultat soigné. Pour un rendu vraiment lisse, utilisez un rouleau mousse à poils très courts ou une bombe de laque professionnelle si vous avez accès à du matériel de mise en peinture.
Poser les ferrures : paumelles et loquets
Les paumelles
Les paumelles sont les charnières qui relient le volet à l’embrasure ou au tableau de la fenêtre. Pour un volet de taille courante, deux paumelles par vantail suffisent. Pour un volet haut ou lourd, ajoutez-en une troisième au centre.
Positionnez les paumelles à environ 15 cm du bord supérieur et 15 cm du bord inférieur du volet. Tracez leur emplacement au crayon, puis réalisez une mortaise (un encastrement) à la profondeur du feuillet de la paumelle pour que celle-ci affleure la surface du bois. Cette opération se fait au ciseau à bois après avoir tracé les contours au cutter. Vissez ensuite la paumelle avec des vis à tête fraisée adaptées à l’épaisseur du bois.
Les loquets et crochets d’arrêt
Un loquet central assure la fermeture des deux vantaux. Choisissez un modèle encastré pour un rendu discret, ou une targette apparente pour le côté authentique. Ajoutez des crochets d’arrêt en position ouverte pour maintenir les volets contre le mur ou l’ébrasement sans qu’ils battent au vent.
Réglage final et ajustements
Accrochez les volets et testez l’ouverture et la fermeture. Si un vantail frotte, repérez l’endroit de contact au papier carbone ou à la mine de crayon, puis rabotez légèrement à la varlope ou à la ponceuse à bande. Si un vantail ne ferme pas bien dans l’angle, ajustez la position des paumelles en décalant légèrement leur visserie.
Pour améliorer l’isolation thermique et acoustique, collez un joint de caoutchouc mousse sur le pourtour intérieur du bâti. Ce joint, comprimé à la fermeture, supprime les infiltrations d’air froid et réduit les vibrations acoustiques. Un volet ainsi équipé améliore notablement le confort dans les pièces exposées au bruit de rue ou au froid hivernal.
Les erreurs à éviter
- Oublier le jeu de fonctionnement. Un volet sans jeu coince dès que le bois gonfle légèrement avec l’humidité. Prévoyez toujours au moins 1 à 2 mm de chaque côté.
- Coller sans serre-joints. La colle à bois nécessite une pression constante pendant le séchage. Sans serre-joints, les assemblages restent fragiles.
- Sauter la couche de bouche-pores. Sur un bois poreux, la laque finale s’absorbe de façon inégale et le résultat est granuleux.
- Ne pas traiter les noeuds du pin. Les résines migrent et créent des auréoles sur la finition, parfois plusieurs mois après la pose.
- Visser les paumelles sans mortaise. Une paumelle posée en applique crée un jeu entre le volet et l’embrasure qui nuit à l’isolation et à l’esthétique.
- Poser les volets avant la peinture de finition. Il est beaucoup plus facile de peindre à plat sur des tréteaux. Montez les ferrures en dernier, après séchage complet.
Ce qu’il faut retenir
- Laissez le bois s’acclimater plusieurs jours dans la pièce avant de commencer la découpe.
- Mesurez en trois points et retenez la valeur la plus petite, en retirant 2 mm de jeu par côté.
- L’assemblage à mi-bois collé à la colle D3 est la technique la plus fiable pour les cadres amateurs.
- Traitez systématiquement les noeuds du pin avec de la gomme-laque avant la sous-couche.
- Posez un joint de caoutchouc mousse sur le pourtour intérieur pour améliorer l’isolation thermique et acoustique.
- Mortaisez toujours les paumelles pour qu’elles affleurent le bois : c’est la garantie d’une fermeture propre et d’un bon jointif.
- Peignez les volets à plat avant la pose. Montez les ferrures en dernier, une fois la laque sèche.

