Pourquoi opter pour un séparateur végétal plutôt qu’une cloison ?
Dans un grand salon, la sensation d’espace peut vite devenir un défaut : la pièce manque de définition, les zones de vie et de travail ou de repos se confondent, et l’acoustique laisse à désirer. Poser une cloison en placo résoudrait le problème, mais cela implique des travaux lourds, un budget conséquent et souvent une autorisation de copropriété. Le séparateur en grillage et plantes offre une alternative concrète et réversible.
Cette structure autoportante délimite visuellement deux zones sans boucher la lumière. Elle apporte du végétal à l’intérieur, améliore légèrement la qualité de l’air ambiant et s’adapte à presque tous les styles décoratifs, du scandinave à l’industriel. Autre avantage non négligeable : elle se démonte sans laisser de trace.
Les matériaux et outils nécessaires
Avant de commencer, rassemblez tout le matériel. Un déplacement chez le fournisseur en cours de chantier casse le rythme et démotive rapidement.
Pour la structure porteuse
- Deux montants verticaux en bois (section minimale 7 x 7 cm, longueur à adapter à la hauteur souhaitée, généralement entre 180 et 220 cm) ou, en version industrielle, des tubes en acier carrés de 4 cm de côté.
- Deux traverses horizontales en bois ou en métal, de la longueur voulue pour le séparateur (comptez entre 100 et 160 cm selon l’espace à diviser).
- Deux pieds ou bases lestées : des socles en fonte récupérés, des bacs rectangulaires en béton ou des bases fabriquées maison en bois épais (au moins 4 cm) fixées au bas de chaque montant.
Pour le panneau de remplissage
- Du grillage à larges mailles (mailles carrées de 5 à 10 cm), en acier galvanisé ou en métal noir pour un rendu plus graphique. Prévoyez un rouleau légèrement plus grand que le cadre final, pour disposer de marge à la fixation.
- Des agrafes à câble ou des colliers de serrage pour tendre et fixer le grillage sur le cadre.
- Des crochets en S en métal pour suspendre les pots de plantes ou les modules tressés.
L’outillage
- Scie à bois (ou scie à métaux pour les tubes en acier)
- Perceuse-visseuse avec embouts adaptés
- Vis à bois (longueur 6 cm minimum pour les assemblages porteurs)
- Pince coupante pour couper le grillage
- Mètre ruban et équerre
- Niveau à bulle
- Gants de protection (le grillage coupe facilement)
Concevoir son séparateur avant de couper le premier centimètre
Un plan simple sur papier évite bien des découpages à refaire. Déterminez d’abord la hauteur : un séparateur à 180 cm laisse passer la lumière au-dessus et délimite l’espace sans étouffer la pièce. Si vous montez à 220 cm, l’effet de cloison est plus marqué, mais la structure doit être plus solide, notamment au niveau des pieds.
Définissez ensuite la largeur. Entre 100 et 150 cm, le séparateur s’impose visuellement sans occuper trop de surface au sol. Au-delà, envisagez deux panneaux côte à côte reliés par une traverse haute, ce qui renforce aussi la stabilité.
Pensez également à l’usage de chaque zone. Si le séparateur doit isoler un coin bureau, positionnez-le de façon à éviter les reflets sur un écran. S’il sépare un espace salon d’une salle à manger, orientez les plantes côté salon pour un effet plus chaleureux.
Assembler la structure étape par étape
Étape 1 : préparer les montants et les bases
Coupez vos montants à la hauteur choisie. Si vous travaillez en bois, poncez légèrement les extrémités pour éviter les échardes. Vissez chaque montant sur sa base : la base doit être suffisamment large et lourde pour assurer la stabilité de l’ensemble. Pour une base en bois, utilisez une planche de 30 x 30 cm et 4 cm d’épaisseur minimum. Vissez-la perpendiculairement au bas du montant avec au moins quatre vis de 6 cm en croix. Si vous optez pour des bacs en béton comme pieds, enfilez simplement le bas du montant dans le bac et coulez du sable ou de la terre lestée pour le maintenir.
Étape 2 : fixer les traverses horizontales
Assemblez les traverses du haut et du bas entre les deux montants. Vérifiez l’équerrage à chaque étape : posez votre équerre à l’angle montant-traverse avant de visser. Un cadre qui n’est pas droit ne tiendra pas le grillage tendu correctement. Le contrôle au niveau à bulle sur chaque traverse confirme l’horizontalité.
Étape 3 : poser et tendre le grillage
Déroulez le grillage sur une surface plane. Coupez-le à la bonne dimension avec la pince coupante, en laissant 5 cm de marge sur chaque côté. Enfilez vos gants. Positionnez le grillage sur le cadre et fixez-le sur un montant en commençant par le haut : agrafez ou serrez les colliers tous les 15 cm environ. Tendez ensuite le grillage vers le montant opposé en tirant légèrement pour éviter les voiles et fixez de la même façon. Rabattez les bords en surplus vers l’arrière du cadre et écrasez-les avec une pince pour ne pas laisser de pointes apparentes.
Étape 4 : habiller avec les plantes
Accrochez vos plantes grâce aux crochets en S passés dans les mailles. Plusieurs options conviennent bien à cette utilisation : le lierre, le pothos, le philodendron grimpant ou le cissus en retombant naturellement à travers le grillage. Pour un effet plus dense, combinez des pots suspendus à hauteurs variées et des pots posés en bas de la structure dans lesquels des plantes grimpantes commencent à coloniser le grillage vers le haut. Les plantes tressées en fibre naturelle, les cadres de mousse végétale stabilisée ou les panneaux en osier s’intègrent de la même façon pour un rendu plus végétal mais moins contraignant d’entretien.
Les erreurs à éviter
Sous-estimer le poids des pots. Un pot de 15 cm de diamètre avec substrat humide pèse facilement 2 à 3 kg. Si vous accrochez une dizaine de pots, le grillage doit être bien tendu et les fixations sur le cadre doivent être solides. Des agrafes insuffisantes peuvent lâcher progressivement sous la tension.
Choisir un grillage trop fin. Un grillage à mailles fines de type basse-cour ne supporte pas bien les charges et se déforme vite. Préférez un grillage soudé ou à mailles larges en acier d’au moins 2 mm de diamètre de fil.
Négliger la stabilité des bases. Une structure qui tangue est dangereuse. Si votre sol est lisse (parquet, carrelage), collez des patins antidérapants sous les bases ou ajoutez du poids dans les bacs. Ne placez pas le séparateur dans un couloir de passage fréquent si les bases ne sont pas parfaitement stables.
Oublier l’arrosage. Des pots suspendus s’assèchent plus vite que des pots posés. Prévoyez un arrosage plus fréquent ou optez pour des plantes tolérantes à la sécheresse comme le pothos ou le cissus. Des soucoupe-réservoirs évitent les écoulements sur le parquet.
Couper le grillage sans gants. Les bords coupés sont tranchants. Une entaille superficielle sur la paume peut être douloureuse et longue à cicatriser. Les gants de manutention épais sont indispensables pour cette étape.
Ce qu’il faut retenir
- Un séparateur autoportant en grillage et plantes divise un salon sans travaux ni autorisation, et se démonte sans laisser de trace.
- La structure se compose de deux montants verticaux, de deux traverses horizontales et de bases lestées suffisamment larges pour assurer la stabilité.
- Optez pour un grillage soudé à larges mailles en acier d’au moins 2 mm de fil pour supporter le poids des pots.
- Tendez le grillage en partant d’un côté et fixez-le tous les 15 cm pour éviter les voiles.
- Les plantes grimpantes et retombantes (pothos, philodendron, lierre, cissus) s’adaptent bien à ce type d’installation ; les panneaux en mousse stabilisée conviennent si vous préférez zéro entretien.
- Contrôlez l’équerrage et l’horizontalité à chaque étape de l’assemblage : un cadre de travers ne tiendra pas le grillage correctement.
- Portez des gants lors de la découpe et de la pose du grillage.

