Installer un velux de remplacement soi-même : calfeutrage, cadre et étanchéité en une journée

Installer un velux de remplacement soi-même : calfeutrage, cadre et étanchéité en une journée

Pourquoi remplacer sa fenêtre de toit soi-même en juillet ?

Juillet est le mois idéal pour ce type de chantier. La toiture reste accessible plusieurs heures sans risque de pluie, le temps de séchage des mastics et des colles est réduit, et les journées longues permettent de travailler dans de bonnes conditions de lumière. Une fenêtre de toit vieillissante présente souvent des signes qui ne trompent pas : condensation persistante entre les vitrages, infiltrations d’eau au niveau du cadre, difficulté à manœuvrer l’ouvrant ou mousse qui envahit le joint périphérique. Repousser le remplacement aggrave ces problèmes et peut engendrer des dommages à la charpente ou à l’isolation.

La bonne nouvelle, si l’on peut dire, c’est que les fabricants de fenêtres de toit comme Velux, Fakro ou Roto ont conçu des systèmes de remplacement qui s’adaptent aux anciens dormants. On parle ici d’un remplacement complet : démontage du cadre existant, pose d’un nouveau dormant, remontée des tuiles environnantes et test d’étanchéité.

Les outils et matériaux nécessaires avant de commencer

Un chantier bien préparé est un chantier à moitié réussi. Rassemblez tout le matériel la veille pour ne pas perdre de temps le jour J.

  • Outils : perceuse-visseuse, levier plat (pied-de-biche léger), couteau à mastic, pistolet à cartouche, mètre ruban, niveau à bulle, marteau, cisailles ou disqueuse (pour couper d’éventuels pattes métalliques), gants de chantier, lunettes de protection, harnais antichute si la pente dépasse 30°.
  • Matériaux : fenêtre de toit neuve avec son kit de raccord (vérifiez la compatibilité avec votre type de couverture : tuiles, ardoises, bac acier), mastic de calfeutrage polyuréthane adapté aux menuiseries, ruban adhésif d’étanchéité sous-toiture, vis inox de remplacement, éventuellement un lit de mousse compribande pour assurer le joint périphérique.

Un conseil pratique : photographiez l’ancienne installation avant de démonter quoi que ce soit. Ces photos servent de référence si vous avez un doute sur le positionnement des bavettes ou sur l’ordre de remontage des tuiles.

Étape 1 : démonter l’ancienne fenêtre de toit

Commencez toujours par l’intérieur. Retirez le habillage intérieur (le cadre en bois ou en PVC visible depuis la pièce) en dévissant les fixations ou en forçant légèrement avec le levier plat. Dégagez ensuite l’ouvrant de son dormant : sur la plupart des modèles, il suffit de soulever les deux bras de la charnière. Mettez l’ouvrant de côté, à plat, pour ne pas l’endommager ou ne pas risquer de le voir tomber.

Montez ensuite sur le toit. Soulevez délicatement les tuiles autour de la fenêtre, en commençant par celles du rang supérieur. Posez-les en rangée ordonnée sur la toiture pour les réutiliser. Retirez ensuite les bavettes métalliques, souvent maintenues par quelques vis ou simplement glissées sous les tuiles. Dévissez les pattes de fixation du dormant dans la charpente. Sur un ancien velux, il y a en général quatre points d’ancrage. Si certaines vis sont grippées, un peu de dégrippant et un peu de patience suffisent généralement. Retirez le dormant complet : un aide est utile à ce stade, car le cadre pèse souvent entre 15 et 25 kg selon le modèle.

Une fois le dormant enlevé, nettoyez soigneusement l’about de chevron et la surface de l’entrait. Retirez les résidus de mastic, les agrafes et tout corps étranger. Vérifiez l’état du bois de charpente : si vous observez des traces de pourriture, traitez le bois avec un produit fongicide avant de poser le nouveau cadre. Ne couvrez jamais un problème sans le régler.

Étape 2 : poser le nouveau dormant

Dépliez et lisez les instructions du fabricant avant de commencer. Chaque marque a ses spécificités, mais la logique reste la même. Positionnez le nouveau dormant dans l’ouverture et vérifiez qu’il est de niveau dans les deux sens (horizontalement et dans le sens de la pente). Un dormant mal positionné provoque des tensions sur le vitrage et des problèmes d’étanchéité à long terme.

Fixez d’abord les deux pattes inférieures, puis les deux supérieures, en serrant progressivement et en revérifiant le niveau entre chaque fixation. Utilisez des vis inox pour éviter la corrosion. La plupart des kits de remplacement incluent des éclisses de jonction qui permettent de s’adapter aux dimensions de l’ancienne baie sans retoucher la charpente : c’est l’un des avantages majeurs d’un kit prévu à cet effet.

Une fois le dormant stabilisé, appliquez le ruban adhésif d’étanchéité sur tout le pourtour de la jonction entre le cadre et la sous-toiture. Ce ruban, souvent fourni avec le kit ou vendu séparément, assure la continuité de l’écran de sous-toiture et constitue la première ligne de défense contre les infiltrations. Collez-le en partant du bas vers le haut, en faisant se chevaucher les bandes d’au moins 5 cm aux angles.

Étape 3 : poser les bavettes et remonter les tuiles

Les bavettes (ou solins) sont les pièces métalliques qui assurent l’évacuation de l’eau autour du cadre. Elles se posent en plusieurs éléments : bavette basse, bavettes latérales et bavette haute. Commencez toujours par le bas et remontez vers le haut, comme vous le feriez avec des tuiles. Chaque bavette doit chevaucher la suivante d’au moins 3 à 5 cm pour garantir l’écoulement de l’eau sans retour.

La bavette haute, parfois appelée « contre-bavette » ou « tête de loup », est la plus délicate à mettre en place. Elle doit s’insérer sous les tuiles supérieures tout en restant au-dessus du plan du cadre. Prenez le temps de bien la positionner avant de fixer définitivement les tuiles.

Replacez ensuite les tuiles en commençant par le rang inférieur et en remontant. Si certaines tuiles sont cassées ou trop abîmées, remplacez-les : c’est le moment ou jamais. Une fois les tuiles en place, appliquez un cordon de mastic polyuréthane sur les zones de jonction entre les bavettes et le dormant, en particulier dans les angles. Ce mastic reste souple après séchage, ce qui est essentiel pour absorber les dilatations thermiques du cadre métallique.

Étape 4 : calfeutrage intérieur et finitions

Redescendez à l’intérieur. Posez le bâti intérieur (le cadre de finition) en le clipsant ou en le vissant selon le système du fabricant. Avant de le refermer définitivement, vérifiez que l’isolation est bien en contact avec le cadre sur tout le pourtour. Un pont thermique à ce niveau se traduit par de la condensation et des déperditions de chaleur importantes en hiver.

Appliquez un cordon de mastic acrylique (plus facile à peindre que le polyuréthane) sur le joint intérieur entre le cadre et la plaque de plâtre ou le bardage. Lissez-le avec un doigt humide ou une spatule de calfeutrage. Ce détail esthétique compte, car c’est ce que vous verrez chaque jour depuis la pièce.

Test d’étanchéité final

Attendez que tous les mastics aient commencé à faire leur prise (comptez au moins deux heures par forte chaleur) avant de tester. Utilisez un tuyau d’arrosage pour simuler une pluie modérée sur l’ensemble de la fenêtre, en insistant sur la bavette haute et les angles. Observez simultanément depuis l’intérieur. Toute trace d’humidité doit être localisée et corrigée immédiatement, tant que vous avez encore accès à la toiture dans la journée.

Si tout est sec, replacez l’ouvrant dans le dormant, vérifiez que la fermeture fonctionne correctement et que les joints périphériques de l’ouvrant sont bien en contact sur tout le pourtour. Ouvrez et fermez plusieurs fois pour vous assurer de la bonne manœuvre.

Les erreurs à éviter

  • Travailler par temps de vent ou d’orage. Même une brise modérée peut déstabiliser un dormant posé en hauteur ou emporter une tuile.
  • Négliger le ruban d’étanchéité sous-toiture. Les mastics seuls ne suffisent pas à garantir l’étanchéité à long terme ; le ruban est indispensable.
  • Monter sur le toit sans sécuriser sa progression. Un harnais et des crochets de sécurité ne sont pas réservés aux professionnels.
  • Poser le dormant sans vérifier le niveau. Quelques millimètres d’écart suffisent à créer des contraintes sur le vitrage et à fausser la fermeture.
  • Réutiliser les vis d’origine. Des vis oxydées peuvent se casser lors du serrage ou lâcher progressivement.
  • Oublier de traiter le bois de charpente abîmé. Couvrir un bois dégradé sans le traiter est une cause fréquente de pourriture accélérée.
  • Poser les bavettes dans le mauvais ordre. Les bavettes se posent de bas en haut, comme les tuiles. L’ordre inverse crée des retours d’eau sous le cadre.

Ce qu’il faut retenir

  • Juillet est une période favorable grâce à la météo sèche : profitez-en pour programmer ce chantier.
  • Photographiez l’installation existante avant de démonter quoi que ce soit.
  • Vérifiez l’état du bois de charpente avant la pose du nouveau dormant et traitez-le si nécessaire.
  • Le ruban d’étanchéité sous-toiture est aussi important que le mastic : les deux sont complémentaires.
  • Posez toujours les bavettes de bas en haut, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Contrôlez le niveau du dormant avant de serrer définitivement les fixations.
  • Effectuez un test à l’eau avant de refermer les finitions intérieures.
  • Des vis inox sont obligatoires pour éviter la corrosion dans le temps.

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